Analyse du financement du système de référence évacuation au Mali

Au Mali le taux de mortalité maternelle a certes connu une baisse de 577 en 1996 à 368 pour 100 000 naissances vivantes en 2012 selon EDSMV, mais est loin d’atteindre le niveau requis de 144 pour 100 000 NV des OMD5 de même que la mortalité des enfants de moins de 5 ans qui est passé de 95 à 76 pour mille attendu d’OMD 4 avec une mortalité néonatale de l’ordre de 34 pour mille en 2012 EDSMV.

Ces chiffres mettent en lumière la gravité de la situation et dénote l’urgence d’une accélération des efforts pour réduire d’avantage le nombre de femmes et de nouveau-nés qui meurent par suite de l’insuffisance dans la prise en charge des complications de la grossesse et de l’accouchement. Ainsi la grossesse, l’accouchement de la femme et la naissance d’un enfant au lieu d’être accompagnées d’une joie ou d’un bonheur avec une issue ou une survie incertaine de l’enfant, deviendront un évènement malheureux pour toute une famille et une à communauté.

Les différents monitorages des causes de ces décès indexent les trois retards de la prise en charge mais surtout le retard dans le transport des femmes lorsque la famille de la parturiente venait à prendre la décision de la référer ou de l’évacuer vers un plateau technique plus élevé pour une meilleure prise en charge suite aux conseils du personnel soignant.

Pour faire face à cette situation le Mali a instauré un système de référence et de contre référence impliquant tous les acteurs y compris les communautés elles-mêmes directement ou indirectement à travers les associations de santé communautaire depuis plus de 20 ans. Il est important de façon périodique de suivre le fonctionnement de ce système qui continue d’être l’espoir des communautés et des autorités sanitaires nationales, afin de le rendre plus performant.

Pour rappel le système de référence/évacuation consiste à assurer rapidement et efficacement le transfert des personnes présentant des complications de leur état de santé au-dessus des capacités techniques du niveau où elles sont constatées ou survenues à un autre niveau plus compétent pour assurer la prise en charge adéquate desdites complications.

Le financement se fait à travers une « caisse de solidarité », mise en place et gérée par les acteurs locaux à travers des organes de gestion mis en place pour ce faire suivant des modèles adoptés en fonction du contexte avec l’appui et l’orientation des services techniques de santé du district sanitaire et de la région.

Il s’agit en effet d’analyser le financement et l’organisation du système de transfert et de prise en charge des bénéficiaires de l’ensemble des villages du pays vers les quelques 1241 structures de premier niveau (CSCOM) fonctionnels disponibles à ce jour ou vers une soixantaine de centres de santé de référence qui peuvent aussi en cas de besoin référer ou évacuer vers les structures de troisième référence (hôpitaux Régionaux) voire de quatrième de référence (hôpitaux nationaux).

La politique de la gratuité de la césarienne adoptée par l’État en 2005 est venue renforcer les efforts de prise en charge des femmes et des nouveau-nés par le système de référence levant ainsi, les barrières de l’accès financier aux soins.

Ce travail que nous présentons est une modeste contribution de l’association Malienne des anciens fonctionnaires internationaux des nations unies (Amafinu) au monitorage de ce système par une analyse sommaire du financement du système de référence/évacuation au Mali. Il ne s’agit donc pas d’une analyse globale ou exhaustive de la performance du système de référence/évacuation au Mali qui demanderait plus de temps, de ressources et une autre approche méthodologique.

A télécharger : Amafinu ANALYSE DU FINANCEMENT DU SYSTEME DE REFERENCE EVACUATION AU MALI DV Novembre 2018

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